Mardi 16h00 à 19h00 - Martin Gibert
L’éthique est la partie de la philosophie qui s’intéresse aux actions et aux valeurs morales. Les philosophes ont pris l’habitude de distinguer trois domaines dans l’éthique : la méta-éthique, l’éthique normative et l’éthique appliquée.
La méta-éthique se pose des questions très générales et souvent abstraites (un peu comme la métaphysique) sur les concepts moraux : le bien et le mal existent-ils indépendamment des hommes? Y a-t-il toujours une solution à un dilemme moral? Qu’est-ce qu’une valeur, une norme? Comment les découvrons-nous? Par les sentiments? La raison? etc. On dit souvent que la méta-éthique est descriptive, c’est-à-dire qu’elle se contente d’identifier des concepts sans nous dire comment il faudrait agir.
Ce n’est pas le cas de l’éthique normative qui, elle, se demande : qu’est-ce qui est bien ou mal? Comment justifier qu’on préfère telle valeur à telle autre? Peut-on sacrifier un individu pour en sauver deux? Est-on responsable de ses inactions autant que de ses actions? On dit que l’éthique normative est prescriptive, c’est-à-dire qu’elle est censée nous dire ce qu’il faudrait faire. Il existe essentiellement trois familles de théories pour répondre à cette question :
• La première famille, dite du conséquentialisme, insiste, comme son nom l’indique, sur les conséquences de nos actions lorsqu’on doit évaluer un conflit moral. Ici, ce qu’il faut faire c’est promouvoir certaines valeurs. Pour l’illustrer, nous verrons comment le conséquentialisme répond au problème de la pauvreté dans le monde.
• La deuxième famille dite du déontologisme met beaucoup de poids moral sur l’intention des gens et leurs devoirs. Ce qu’il faut faire c’est respecter certaines normes. Nous verrons comment cela peut s’inscrire dans le débat sur le consentement, en particulier dans le cas de la prostitution.
• La troisième famille regroupe les éthiques de la vertu. C’est une approche des conflits moraux qui s’intéresse moins aux actions ou à leurs conséquences qu’aux agents, c’est-à-dire aux personnes qui agissent. Ce qu’il faut faire, c’est être une bonne personne. Mais quelles vertus devrions-nous posséder ou cultiver pour y parvenir? Nous verrons comment ce type d’analyse peut s’appliquer à la question de l’avortement.
Le troisième domaine de l’éthique est l’éthique appliquée. Il s’agit de savoir mettre en œuvre les théories de l’éthique normative dans des situations concrètes, dans des cas particuliers. Nous envisagerons trois champs d’application : l’éthique animale et environnementale, le problème de la répartition des ressources en santé et celui du clonage humain.
Évaluation :
L’étude de cas est réalisée à la maison. Elle portera sur un sujet proposé par le professeur ou librement choisi par l'étudiant(e). Elle comportera 3 ou 4 pages.
Vous serez évalué sur votre compréhension des problèmes, votre connaissance des théories vues en cours, votre capacité à appliquer les théories à des situations concrètes, la qualité de l’argumentation et la clarté de l’expression (+ syntaxe et orthographe).
Lectures suggérées:
martin.gibert@umontreal.ca (disponible sur rendez-vous).
Œil pour œil, dent pour dent (blog du cours) : http://phi1968.wordpress.com
MÉTA-ÉTHIQUE : DÉFINIR LES CONCEPTS
1er SÉANCE : Qu’est-ce que l’éthique ?
2e SÉANCE : Pourquoi sommes-nous moraux?
• Franz de Wall : Les bases naturelles de la morale.
• Sarah Hrdy: « L’homme a été un animal moral avant d’inventer le langage »
3e SÉANCE : Les principes moraux sont-ils universels?
• Jonhatan Haidt et Joseph Craig: De l’unité des intuitions morales à la diversité des vertus.
• Mary Midley: Tester son nouveau sabre.
ÉTHIQUE NORMATIVE : LES TROIS THÉORIES MORALES
4e SÉANCE : La pauvreté et le conséquentialisme.
• Peter Singer: Sauver une vie.
5e SÉANCE : La pauvreté et le conséquentialisme (suite)
• Peter Valenttyne: Le conséquentialisme
6e SÉANCE : Le consentement et le déontologisme.
• David Ross : Qu’est-ce qui fait que les actes corrects sont corrects?
• Nicolas Journet : Les fondements moraux de la bioéthique.
7e SÉANCE : Le consentement et le déontologisme (suite)
• Stella: Le débat sur la prostitution.
• Rhéa Jean : Prostitution : les limites du consentement.
• Ruwen Ogien : À qui profite la critique du consentement?
8e SÉANCE : Examen intra
9e SÉANCE : L’avortement et l’éthique de la vertu.
• Jonathan Haidt: Le bonheur de la vertu
• Rosalind Hursthouse : Théorie de la vertu et avortement (1er partie)
10e SÉANCE : L’avortement et l’éthique de la vertu (suite)
• Rosalind Hursthouse : Théorie de la vertu et avortement (2e partie)
• Raymond Carver : Cathédrale
ÉTHIQUE APPLIQUÉE : PROBLÈMES CONTEMPORAINS
11e SÉANCE : Animaux et environnement
• Peter Singer: L’égalité animale expliquée aux humains
• J. Baird Callicott : La valeur intrinsèque dans la nature
12e SÉANCE : Santé et Justice
• Jocelyne Saint-Arnaud : L'égalité d'accès aux soins en situation de rareté
13e SÉANCE : Clonage et Bonheur
• Ruwen Ogien : Le clonage n’est pas un problème moral.
14e SÉANCE : Examen final.
Pour commentaires ou information : information@philo.umontreal.ca
Page mise à jour le
29-aoû-11
Département de philosophie - FAS / Université de Montréal